Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /2008 12:09



Soleil d'hiver, au bleu d'un ciel éblouissant

Doublé au miroir des étangs

Vignes dépouillées, roches grises,

Et garrigues précises

Découpées au couteau

Rude pays sans fard

Eperdu de lumière

Farouche Languedoc
Par Jeanine - Communauté : vos poèmes
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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /2008 16:34
            NOTRE TANTE ANTONINE

    Des personnages étonnants, exceptionnels, qui m'ont marquée à jamais, j'en ai rencontré beaucoup, au cours de ma longue vie ( 77 ans ) Toutes ces rencontres se répartissent dans le temps, et j'hésite à choisir l'évocation de l'une ou de l'autre .
    Il ont maintenue intacte ma faculté de vivre et de m'étonner, d'espérer et d'entreprendre, mais le temps exerce inéluctablement sa capacité d'érosion, et seuls, parmi tant d'autres, quelques  souvenirs colorent vivement des fragments de ma mémoire, et remuent en moi des émotions intactes
    Celle que je vais évoquer, tout compte fait, ne fut pas une personne qui se distingua dans la société par des qualités intellectuelles ou morales hors du commun, elle vécut une vie très humble et obscure, elle ne fit pas parler d'elle, elle ne laissa pas une grande trace de son passage sur terre, pas d'éminente progéniture, pas d'oeuvre remarquable
     Notre tante Antonine naquit dans les premières années du XXe siècle, dans le coin le plus perdu du Massif Central, aux confins du Plateau de Millevaches, au sein d'une famille paysanne, elle est morte il y a cinq ans, à quatre vingt treize ans, la plus jeune d'une lignée où l'on compte plusieurs centenaires ( ou quasi ), ses frères et ses soeurs plus âpres et plus solides qu'elle, elle qui vécut dans l'ombre de cette communauté plus ou moins dispersée, mais sans jamais quitter les lieux où elle était née, et où maintenant elle repose  
    Ce XXe siècle, qui compta tant de bouleversements, elle l'a traversé sans en connaître les progrès spectaculaires, élevée dans une atmosphère de travail acharné, de rigueur excessive, d'austère sens du devoir : un stoïcisme naturel, qu'elle n'avait ni la possibilité de mettre en question, ni l'envie, d'ailleurs .
    Elle est pourtant à mes yeux quand j'y pense, une de celles qui vécut le siècle de la façon la plus représentative, au moins de ces petites gens qui formaient la majorité de la population française
    Elle eut une éducation élémentaire, fut habituée dès le plus jeune âge aux tâches ménagères et à la marche d'une ferme qui avait besoin du travail de tous  pour la survie du groupe familial: autour du foyer chacun avait sa place et son rôle, marqués par une tradition ancestrale qui évoluait avec lenteur .
    Elle se maria avec un fermier du voisinage, et la vie continua jusqu'au jour où la guerre de 1939 lui enleva pendant cinq ans la présence d'un mari, qui pourtant lui revint, mais mourut dans un accident de tracteur peu de temps après son retour
    Pendant cette longue absence, elle  dût faire face toute seule aux multiples charges de l'existence, et , la première femme de la Corrèze, apprit à se déplacer en vélomoteur, chose dont elle n'était pas peu fière ; elle y gagna le goût de l'indépendance, et la farouche volonté de prouver qu'elle pouvait subsister par sa seule vaillance, sans demander aucun secours à personne

     Elle  quitte la ferme, et trouve des ménages dans la ville la plus proche ; accueillie par sa soeur épicière, partageant une vie de labeur et d'économies, elle apporte sa contribution au groupe familial ; quand sa soeur tombe veuve à son tour, sans enfants l'une et l'autre, les deux femmes soudent définitivement leur destin dans une entente indéfectible . Ainsi, à peine à la moitié de leur longue vie, les deux soeurs forment un couple inséparable . Dans la petite ville, beaucoup de gens s'habituent à les voir ainsi agissant avec un mimétisme qui les rend pittoresques et inoubliables.
     Economisant, peinant, travaillant leur petit jardin et devenant peu à peu  confectionneuses de courtepointes en laine, elles s' assurent un confort modeste, et le respect amusé d'un entourage qui apprend à ses dépens parfois, qu'elles ne s'en laissent pas conter, qu'elles connaissent le prix du travail, ont de la défense, et au besoin, la langue bien pendue .
    Ainsi, capables de rendre des services que plus personne  ne sait rendre, dans une société qui se modernise loin de leur savoir-faire ancestral et immuable, elles amassent sans jamais changer leur mode de vie, une considérable petite fortune ... Mais qui pourrait s'en douter, en les voyant toujours vêtues de leur tablier de satinette, de leurs bas de laine et de leurs tricots"maison", à la couleur indéfinissable ?
    Il faut toute la patience de quelques neveux auxquels elles s'attachent pour les pousser hors de leur étroit cadre de vie, et leur faire connaître les charmes d'un voyage en train, la région méditerranéenne, la MER, pour la première fois !

    Antonine a passé quarante ans de sa vie "sans voir un docteur", mais plus jeune que son aînée, elle a vécu le plus interminable martyre qui se puisse imaginer, clouée par un rigoureux sens du devoir aux soins d'une soeur impotente, et devenue avec le grand âge, angoissée et parfaitement tyrannique . Le dogme, étant pour toutes deux "qu'il faut mourir dans son lit", tant qu'on a des parents proches capables de s'occuper de vous . C'était, dans le cas d'Antonine, jusqu'au sacrifice suprême, avouer une faiblesse eut été le pire déshonneur, la honte impardonnable

    Finalement, elle a survécu elle-même une année, contrainte par les lois impitoyables de la nature, d'accepter une aide moins barbare, dans une maison où elle a connu une fin plus douce, résignée enfin à accepter une aide ménagère, mais l'hôpital en fin de vie, n'a pu être évité, après une chute et une cassure du col du fémur

    Son souvenir ne nous abandonne pas, mais ce qui est le plus exemplaire, est sa modestie et ce courage exceptionnel qui lui a fait accepter un destin si sombre sans jamais se plaindre, sans peser sur ceux qui connaissaient le sens de son sacrifice et cette morale aujourd'hui discutée, et si rarement comprise .

                    Jeanine Bourzeix 2008       
 
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Par Jeanine
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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /2008 16:17
             On lit avec délectation, un"billet" qui évoque tant de choses, suscite tant de réflexions en peu de mots, et dans  un langage qui sans être plat, est accessible à tous . Et que dire de l'esprit frondeur, qui renvoie chacun à sa propre responsabilité, à ses  influences inconscientes, à sa réalité souvent refoulée .
             Il faudrait afficher ce billet partout,en  l'agrandissant si possible, pour que  les lecteurs du Monde ne soient pas les seuls privilégiés à cet appel à l'intelligence

Un article n'a pas besoin d'être long, pour exprimer des choses essentielles . Je pense même que c'est le comble de l'art, et la perfection du style, cette concision élégante
Par Jeanine
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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /2008 17:06
         

   Nos amis, Liam et  Thomas, habitent une maison totalement isolée, qu'il ont construite presque entièrement de leurs mains, au milieu de nulle part . Ce sont deux artistes, marginaux comme on dit, mais quand de rares amis s'aventurent jusqu'à eux, ils sont accueillis dans une espèce de paradis de verdure et de fleurs, où resplendit une petite piscine ovale  et  où serpente un sentier rocailleux - tout le monde n'a pas le privilège, l'idée même, de venir s'aventurer dans ce lieu où se reflète le seul bonheur de vivre ensemble, sans être importunés par les  exigences d'une société  qu'ils ont eux-mêmes marginalisée, pour vivre selon des besoins élémentaires  car il faut bien manger et  entretenir avec la famille lointaine et les amis choisis, un minimum de commerce - mais dans le choix et la liberté qu'ils ont organisée eux- mêmes à leur guise

   Thomas est l'orfèvre jardinier, Liam écrit, rêve, invente, imagine, tous deux partent parfois au bout du monde, en Inde ou en Amérique où se trouve la famille fortunée de Liam, ou en tout autre lieu où les pousse leur fantaisie .
Par Jeanine
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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /2008 16:49


            Où vas-tu, foule énigmatique, par monts, plaines et vallons, dans la majesté d'une Nature grandiose, mais paradoxalement si étrangère à notre échelle minuscule ?
          C'est un décor de conte fantastique, et je me laisse emporter par la sévère majesté du lieu, il faudrait inventer une histoire qui aille avec ...
Par Jeanine
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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /2008 18:08

Après une journée chargée, des contraintes, des soucis récurrents, rien de mieux, si l'on a le loisir,la possibilité de filer au Méga CR, entre quatre et six, et de se payer une séance de cinéma  ;;;le dernier WOOdY ALLEN, par exemple ":VICKY CHRISTINA BARCELONA," tout est dit dans ce titre fantaisiste
       Peu de spectateurs dans la salle à cette heure-là, pour moi ce n'est pas un problème, au contraire

                Plaisir d'un film qu'on peut aimer sans se casser la tête : légèreté, élégance, beauté, épicurisme sans tabou,  humour,dans cette histoire de deux amies américaines qui courent l'aventure en Espagne, touristes prises dans le tourbillon de rencontres amoureuses et esthétiques, et les tourments du coeur auxquels on ne peut en rien s'assimiler , tout au plaisir d'admirer les beautés de Barcelone,  la liberté des artistes, la fougue de la belle espagnole incarnée par Paméla Cruz , ensorcelante,  plus folle que toutes les Carmen imaginées au siècle dernier, les dangers de ce marivaudage épicé, et la fin qui laisse tout le monde au même point,car le drame n'est pas de mise, ici, on ne peut que l'effleurer ...film euphorisant, conte de fées moderne
Par Jeanine
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Samedi 11 octobre 2008 6 11 /10 /2008 16:32

         Un samedi ordinaire, mais je me sens des ailes pour écrire, composer, envoyer des lettres aux amis perdus de vue depuis quelque temps .Cela compte, pour moi . De plus, il nous tombe dessus, ces temps-ci, toutes sortes d'activités, d'invitations, de visites, auxquelles il faudra bien répondre, tout en faisant un choix, car notre santé ne nous permet plus de répondre à toutes les sollicitations, qui se télescopent, s'entrecroisent, celles  de Michel et les miennes .  Nous avons parfois envie de zapper, ou au contraire de conjuguer ce qui nous intéresse en commun ; C'est la vie !

          La fatigue a raison de nous parfois dans ce tourbillon, et alors, on trainaille un peu, on manque l'intéressant pour tomber dans l'insignifiant, sans l'avoir vraiment voulu . Parfois le hasard fait mieux les choses, et nous retrouvons la saveur des activités oubliées, les retrouvailles inespérées, enfin ce qui donne plus de saveur à la vie
       L'automne est doux, ensoleillé, nous avons mis en marche le chauffage central,mais les promenades à l'extérieur ne manquent pas d'attraits  . il est bon de pouvoir encore conjuguer les deux .
Par Jeanine - Communauté : Ma comunauté
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Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /2008 17:32
Cette fois-ci, c'est l'automne pour de bon    Non, pas désagréable ; mais il faut sortir les vêtements de saison, ce qui n'empêche pas de se laisser surprendre par quelque courant d'air, et d'attrapper rhumes et éternuements désagréables On se prépare à allumer la chaudière, et à se mettre à l'heure d'hiver
        Banal, mais on vit en suivant le fil du temps, guettant la moindre surprise, la lettre qui fait plaisir, le changement d'humeur qui ne dépend pas de nous ...les occasions de délivrer une parole bienfaisante ... ou d'en recevoir !

       Et peut-être d'écrire ou de lire du nouveau, de se laisser emporter par la poésie, le dessinla peinture, l'inspiration, quoi !
        Et d'avoir le courage de reprendre le vélo ...d'appartement, évidemment !

            
        En attendant, la vie est quotidienne .
Par Jeanine
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Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /2008 17:45
Turbulences     Pour participer au n°112 de "Rencontres artistes et écrivains associés" revue fondée par Paul Jolas ,Bibliothèque de Mantes-la -Jolie,sur le thème "Parlez-nous de vous"j'ai proposé "Notre tante Antonine" ...Succès ! L'article sera publié, et m'a valu une carte fort touchante d'Andrée Jolas (maintenant veuve) et qui maintient la revue, non sans quelques difficultés . Je ne suis pas blasée, je suis contente
Par Jeanine - Communauté : Ma comunauté
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Mercredi 1 octobre 2008 3 01 /10 /2008 10:05
             Quand on retrouve après plusieurs années, une collègue de travail qu'on a côtoyée pendant une longue période, puis longtemps perdue de vue, on peut apprécier nos cheminements qui gardent à la fois leur constance, et qui amplifient nos  regards réciproques : sur elle, sur sa famille élargie,enfants et petits enfants, sur les collègues avec qui elle a gardé des relations suivies, et cela donne facilement trois à quatre heures de conversation sans une once d'ennui,au contraire, un élargisement de la connaissance, des rapports, des suggestions de lectures nouvelles, car chacune apporte son bagage et ses expériences, ses voyages et sa culture qui ne cesse jamais de se diversifier, le domaine étant infini, et les voies dans lesquelles on s'est engagées, chacune, sont forcément différentes

       Bref, une après-midi enrichissante ...
Par Jeanine
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